Le dernier des Mohicans

Une séquence basée sur la musique du film intitulé Le Dernier Des Mohicans écrite par deux célèbres compositeurs de musique de film à savoir Trevor Jones et Randy Edelman (arr. J.G.Mortimer).

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(De 0 à 91) L’introduction est structurée à partir d’une longue tenue de cordes. Cette tenue est réalisée, dans l’aigu, par les premiers et seconds violons, et, dans le grave, par les contrebasses. La partie  des premiers violons est particulièrement stridente en raison de son caractère aigu et car elle comporte une seconde mineure harmonique (mi et fa concomitants).

Durant toute cette tenue, se fait entendre une percussion d’allure pour le moins tribale et sauvage, tout à fait à propos par rapport à l’esprit du film. Cette percussion se présente sous la forme d’un rythme en croches émis simultanément par un tom aigu et par un conga. Certaines de ces croches sont, ça et là, accentuées. Lors de chacun de ces accents, ces croches sont renforcées par le  battement d’un tom grave et le battement d’une grosse caisse.

Quelques secondes après l’exposition de tous ces éléments, se rajoute, dans le grave,  une mélodie jouée à l’unisson par le basson, les trombones, les violons altos, et les violoncelles. Ensuite, la mélodie en question se poursuit en augmentant d’intensité par l’ajout, à l’unisson toujours, des clarinettes puis enfin des cors d’harmonie. Tous ces instruments, dédiés d’abord à la mélodie, finissent par constituer deux accords dont le deuxième se retrouve intensifié par l’adjonction des trompettes. Ces deux accords forment un crescendo annonçant le thème principal du film.

Ce thème principal est extrêmement sonore vu la nuance générale fortissimo et le grand nombre de doublures. Parmi ces doublures, en plus de celles à l’unisson, déjà relativement nombreuses, on en trouve également selon d’autres intervalles (tels la tierce ou la quinte) ce qui implique un thème exposé tout en accords et donc particulièrement plein, volumineux, et donc  de niveau sonore important. On notera, de plus, pour encore accroître cette intensité sonore,  la doublure de la mélodie principale à l’octave supérieure par la première flûte. En effet, cette dernière s’exprime ainsi dans un registre très aigu, registre dans lequel elle est très sonore et perçante.  Lors de ce thème, le contrepoint est presque inexistant. Cela signifie qu’à côté des notes relatives à la mélodie, les autres notes, plutôt vouées à l’harmonie, sont beaucoup plus longues, et en général de l’ordre de la ronde ou de la double ronde. De ce fait, l’ensemble ne présente pas de mouvement particulier ce qui explique son côté large, majestueux, et comme suspendu dans une sorte d’envolée lyrique.

(91-197) Une phrase musicale, comportant une tension certaine, est émise en La mineur, une tonalité particulièrement sombre et dramatique. Elle est interprétée par les clarinettes, les premiers et seconds violons ainsi que par les violons altos. La basse est assurée par le basson, les violoncelles et les contrebasses. Tous ces instruments sont accompagnés par des accords exécutés par le piano ainsi que par tous les cuivres. Ces accords sont rythmés de la même manière entre eux. De plus, le rythme de ces accords est soutenu par un rythme encore identique émanant d’un tom et de la caisse claire. La phrase se répète avec une légère variation. L’entrée des bois aigus (flûtes et hautbois) annonce un développement dans le ton de Fa. Le mode de ce développement n’est pas le mode majeur mais en fait le mode lydien (à cause du Si bécarre). Ce mode lydien, de par sa nature, est responsable du caractère très positif, avec une grande sensation de détente, d’illumination et d’ouverture de cette partie qui contraste donc énormément avec la précédente. On assiste donc ici, en étudiant ces deux parties consécutives, à un bel exemple de succession tension-détente, technique de composition quasi universelle et constante dans toute l’histoire de la musique occidentale depuis bien des siècles. Ce développement se termine sur un accord de La mineur, permettant aisément de reprendre le schéma orchestral du début de cette section. Mais cette fois-ci, nous ne retrouvons pas le développement en Fa, mais, à la place, une suite d’accords exprimant une sensation de descente à la fois calme et dramatique. Ces accords, bien qu’interprétés par quasiment tous les instruments de l’orchestre, sonnent avec beaucoup de douceur car leur nuance est ici plus faible qu’auparavant et car les trompettes ont été suspendues. On retrouve, après cela, le même plan de construction qu’au commencement de ce fragment, avec la succession tension-détente, mais avec une intensité sonore supérieure. Cette augmentation du niveau d’intensité sonore résulte de la nuance générale qui est plus importante encore et, de plus, des  bois aigus qui sont présents dès le départ. Un petit silence sépare cette section de la suivante.

(197-300) La partie mélodique est interprétée, en nuance mezzo forte, entièrement à l’unisson, par les premiers et seconds violons ainsi que par les altos. Afin de soutenir cette mélodie, des accords tenus, assez graves, sont joués à la nuance piano par les clarinettes, le basson, les cors, les trombones et les violoncelles. Le premier temps de chaque mesure est marqué, à la nuance piano,  par un pizz de contrebasse et par un battement de grosse caisse. Ensuite, l’idée musicale se répète, mais avec des variations dans l’orchestration. Premièrement, la nuance de l’ensemble s’accroit. Et, de plus, cette augmentation résultante de l’intensité du son se voit encore plus accentuée par l’ajout d’une clarinette doublant la mélodie à l’unisson. Deuxièmement, les accords sont devenus rythmés. Et troisièmement, la batterie change avec la suppression de la grosse caisse au profit de toms et d’un tambourin (remarquez les tremolos du tambourin au début de chaque mesure). Puis, de la même façon, il y a encore répétition avec changement d’orchestration. Cette fois-ci, on assiste à une nette accalmie car la nuance diminue à nouveau. On retrouve en somme  l’orchestration du départ mais sans clarinettes du tout. L’intensité sonore a donc bien diminué pour mieux mettre en valeur un ajout, qui est celui du thème principal joué en mezzo forte par les flûtes, le hautbois et le piano. Au final de ce passage, on se trouve en présence d’un decrescendo par suppression progressive d’instruments. D’abord les cuivres, les flûtes, le hautbois, le piano et les percussions s’arrêtent de jouer. La mélodie ne se trouve alors exécutée plus que par les trois parties de violons à l’unisson. Ensuite, pour finir, seuls les premiers violons achèvent le dessin mélodique étant donné l’interruption du jeu des seconds violons ainsi que de celui des violons altos.

(300-387) Voici une section très violente et agressive où on retiendra deux éléments. D’une part, un phénomène d’agitation produit à l’aide de motifs mélodiques répétés de secondes mineures, selon un rythme en croches quasi ininterrompu. Pour précision, ces motifs sont interprétés par les clarinettes et le piano avec le soutient de percussions (toms et congas) suivant la même rythmique. Et d’autre part, un final comportant deux accords dont la succession est particulièrement saisissante.  En effet, le premier est un accord soutenu de La sus4 (La, Ré, Mi), et le suivant est un La majeur (La, Do#, Mi). En fait, c’est la dissonance du premier accord (la note Ré) qui provoque, chez l’auditeur, cette tension qui se résout de la façon la plus heureuse et naturelle sur le second accord par une note de résolution (la note Do#) parfaitement consonnante. Cela constitue d’ailleurs, soit dit en passant, un autre exemple de tension-détente mais se déroulant, cette fois-ci, entre deux accords à caractère conclusif.

(387-508) Pour commencer cette partie, seules les cordes dans leur ensemble se font entendre pour exposer une première phrase mélodique douce et poétique. Par la suite, une autre phrase d’esprit analogue, fait son entrée en étant émise par les flûtes et les premiers violons tout en étant accompagnée d’accords de bois (clarinettes et basson), d’accords de cuivres (les cors) et d’accords de cordes (seconds violons, altos, violoncelles et contrebasses). Ensuite, les cordes exposent à nouveau leur phrase du départ mais en étant grandement renforcées par l’ensemble des cuivres, par les clarinettes et le basson. De plus, dans sa deuxième période, cette répétition de la première phrase est encore plus renforcée par l’ajout des flûtes et du hautbois. Après cela, la deuxième phrase refait son entrée à son tour et se répète selon un décrescendo par diminution progressive de nuance et suppression progressive d’instruments. La conclusion se fait, tout en douceur et sérénité, par deux accords majeurs de type tutti d’orchestre, selon une nuance pianissimo.