Danse avec les loups

Une séquence inspirée de la musique du film Danse avec les loups écrite par le compositeur de musique de film John Barry (arr.Steven L.Rosenhaus)

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14 MB10:10 min


(De 0 à 121) Roulements d’une timbale avec une tenue à l’unisson des violoncelles et des contrebasses dans le grave. Ces éléments concomitants sont à l’origine d’une ambiance assez solennelle, et nantie d’un certain suspens. Pour accompagner ceci, une trompette solo, au timbre naturellement brillant, expose le thème principal de « danse avec les loups ».

Puis, entrée des premiers violons à l’unisson avec la harpe et une des flûtes. La phrase musicale correspondant au thème voit sa dernière période reprise par un solo de cor d’harmonie qui sonne alors comme un écho. En effet, un solo de cor (sans jouer trop fort) semble  toujours provenir d’un lieu assez éloigné. Cet instrument est d’ailleurs souvent utilisé pour réaliser des échos de ce genre. Des battements de la caisse claire précèdent le début d'une série d’accords de cordes d’un genre inquiétant de part leur dissonance (car comportant chacun une seconde mineure harmonique). Sur ces accords on entend une mélodie de trompette  qui se trouve, ensuite, reprise intégralement par le cor, d’une manière analogue. Durant ce temps, la caisse claire, qui continue de marquer le rythme, est accompagnée de coups de grosse caisse à certains endroits. Puis, les battements de la grosse caisse s’arrêtent sur le premier de  trois accords mineurs consécutifs particulièrement sonores et terribles. Ceux-ci, encore accompagnés par la caisse claire, sont interprétés, en nuance forte, par les bois graves (clarinette basse et bassons), par l’ensemble des cordes ainsi que par les cuivres à l’exception des trompettes (donc par les cors, les trombones et le tuba). Les deux accords mineurs suivants sont émis dans le grave avec un arrêt des premiers violons (qui se chargeaient jusque là des notes les plus aiguës). Il en résulte alors une atmosphère relativement sombre et lugubre, qui, associée au jeu de la caisse claire, prend des allures de marche au supplice. Après un dernier coup de caisse claire, on a affaire à un accord répété de bois aiguës (flûtes, hautbois, clarinettes) de cordes aiguës (premiers violons, seconds violons et violons altos) et de harpe. Cet accord est particulièrement dissonant et strident car il est plutôt aiguë et surtout car il comporte plusieurs dissonances notables (en particulier : une septième majeure harmonique, une seconde mineure harmonique, et une quarte augmentée harmonique). A la fin de cette série d’accords, la harpe joue plus aiguë et se superposent à cela des trompettes jouant l’accord en question. Les trompettes  renforcent ainsi, encore un peu plus, l’ensemble dans sa dissonance. Un petit silence, tel une respiration, sépare cette partie de la suivante.

(121-181) La mélodie principale est interprétée à l’unisson par les premiers violons, les seconds violons et les altos. Cette mélodie est donc bien mise en relief  (du point de vue du volume sonore) puisque jouée par de nombreux instruments. Les accords, en nuance piano, sont assurés par les cuivres (hormis les trompettes) en se voyant un peu soutenus par des accords arpégés de harpe ainsi que par les contrebasses pour la basse. Les violoncelles, renforcés à l’unisson par des notes de harpe, font un contrepoint à cette mélodie. Pour terminer cette section, les violons altos se mettent à sonner à l’octave inférieure des premiers violons. Cela renforce alors la fin de la mélodie en lui conférant plus d’ampleur, de largeur.  Ici, le relief n’est donc pas le résultat d’un volume plus élevé suite à un unisson comme précédemment. En fait, ce dernier relief résulte du jeu d’octave appliquée à la  mélodie la rendant ainsi plus large et donc plus expressive.

(181-244) Vient alors une mélodie jouée à l’unisson par les violoncelles, les bassons et la harpe. Les accords sont réalisés par les trombones et le tuba. Le rythme est marqué par les contrebasses en pizzicato et par des coups de timbales réguliers. Ensuite, s’ajoute à ceci une mélodie interprétée à l’unisson par les clarinettes, les premiers et les seconds violons. Cette dernière mélodie est ensuite transposée à la quarte juste supérieure tout en étant renforcée par une clarinette basse (et toujours à l’unisson). La mélodie dans le grave est bien entendu également transposée à la quarte juste supérieure et les accords modulent eux aussi en conséquence. Ensuite, l’ensemble redescend d’une quarte juste tout en supprimant les clarinettes. Malgré cela, la musique devient très sonore et ce pour deux principales raisons. D’une part parce que l’on rajoute les altos à l’unisson des seconds violons. Et d’autre part parce que les premiers violons se mettent à jouer à l’octave supérieure en étant renforcés à l’unisson par les flûtes et le hautbois (ce dernier bois étant un instrument de choix pour renforcer des dessins mélodiques en raison de son timbre particulièrement sonore et perçant). Tous ces instruments, responsables de la mélodie aiguë, font alors un trait ascendant en étant renforcés en plus par les trompettes. Ces trompettes exécutent ce trait en nuance forte ce qui fait bien cuivrer leur son, attribuant ainsi beaucoup d’éclat à l’ensemble. Comme une sorte de réponse à cela, les cors à l’unisson en nuance forte émettent un motif très positif et enthousiasmant soutenu par un accord plaqué résultant du jeu des cordes (sauf les premiers violons), des trombones et du tuba. Ce motif de cors avec son accord est répété à l’identique une deuxième fois tout de suite après. Entre le moment où les clarinettes s’arrêtent et la fin de cette dernière intervention des cors, se délimite un fragment qui se voit rejoué tel quel. Puis ce fragment semble à priori repris une troisième fois, mais en réalité, se termine précocement sur un accord plaqué rendu encore plus conclusif par un accord arpégé de la harpe. Un bref solo de cor jouant à la nuance mezzo forte annonce la partie suivante.

(244-349) On a dans cette section des timbales qui sont très présentes. Dès le départ, des accords tenus interprétés par les altos, les violoncelles et les contrebasses se font entendre. Ces accords sont doublés à l’unisson par des accords émis par les  trombones et le tuba d’une façon un peu plus rythmée. En effet, ces derniers marquent les temps de ces mesures à quatre temps (à l’exception du premier temps dans chaque mesure). Les cors exposent un nouveau thème. Il est à noter, à cet endroit, que les cors jouent nombreux à l’unisson en nuance forte ce qui leur donne une sonorité très cuivrée. Cela est relatif au fait que tout cuivre jouant plus fort devient plus cuivré mais également au fait du phénomène de la résonance sympathique. A quoi correspond ce dernier phénomène ? Et bien, chaque cor qui émet une note cuivrée (donc un son de fort volume, une vibration importante des molécules de l’air que nous respirons), va émettre ainsi une vibration puissante qui va, à son tour, faire vibrer encore plus la structure métallique des cors voisins. Ainsi les cors voisins, s’ils jouent avec lui, vont alors voir leur son devenir encore plus cuivré. Dans le groupe des cors, les instruments, jouant tous selon une nuance forte vont alors réciproquement interagir de cette façon les uns avec les autres, ce qui implique au final ce son résultant très cuivré. Ce phénomène de résonance sympathique existe bien entendu aussi chez les trompettes et les trombones (toujours à condition d’être assez nombreux et de jouer suffisamment fort). On peut d’ailleurs relever ici la différence évidente de timbre qu’il existe entre le cor solo (en mezzo forte) de la toute fin de la section précédente et les nombreux cors à l’unisson (en forte) du début de cette section. Cette différence permet, à ce niveau, de bien se rendre compte, à l’écoute, de l’influence de ce phénomène de résonance sympathique. Ce thème des cors  sert de modèle pour la suite. En effet, il se trouve repris trois fois de manière plus ou moins modifiée. Une première fois par un unisson constitué par les premiers violons, les seconds violons, le hautbois et les clarinettes. Une deuxième fois par un unisson émis par les premiers violons, les seconds violons et les cors dans leur ensemble. Une troisième fois par un unisson des trompettes et des cors. Vient alors un petit fragment joué à deux reprises. Ce fragment comporte des accords plaqués interprétés par la totalité des cordes, et contient des timbales marquant chaque temps. De plus, ce fragment présente une mélodie de cuivres en nuance forte commençant par un unisson des cors et des trombones dans un registre grave. Cet unisson se trouve rapidement renforcé  par les trompettes. Ensuite, cette orchestration des cordes en accords plaqués accompagnés par les timbales continue selon le même schéma. Se superpose alors une mélodie aiguë, assez stridente des premiers violons à l’unisson des flûtes et du hautbois. Les cuivres exécutent après cela des accords relativement dramatiques puis disparaissent au profit des cordes qui jouent un accord mineur en trémolos. Cette section se conclue par ce même accord rejoué très brièvement de manière arco.

(349-445) Une flûte solo joue un thème plein de douceur dans la tonalité de sol majeur. Le fait de jouer en solo confère à cet instrument quelque chose de profond et d’intime (comme les sentiments qu’elle est sensée exprimer durant la scène d’amour correspondante). Durant toute la première période de ce thème, cette flûte ne se trouve accompagnée par aucun autre instrument. Dès le début de sa deuxième période, se rajoutent des accords tenus (en nuance piano) interprétés par toutes les cordes à l’exception des violoncelles qui ont un rôle un peu plus mélodique. Ces violoncelles, renforcés à l’unisson par la harpe, donnent une sorte de pulsation, autrement dit un peu de mouvement et de vie à l’ensemble de cette orchestration. Il est à noter que la harpe souligne également les accords des cordes, plus dans l’aiguë, par des accords arpégés sur le premier temps de chaque mesure. Ce thème, qui se termine sur un accord de septième de dominante (D7), est répété à la suite à l’identique (donc en sol majeur). Cette répétition se déroule avec la même orchestration que précédemment sauf pour la première période. En effet, au cours de cette première période, on peut percevoir la clarinette basse qui souligne la ligne des violoncelles et aussi entendre un glockenspiel qui a tendance à souligner la mélodie principale. On aboutit alors à un développement de ce thème dans la tonalité de la mineur. Ici, la structure orchestrale reste globalement la même mais avec quelques différences. A savoir que la mélodie de flûte se voit, tout du long, doublée à l’unisson (donc renforcée) par une clarinette (la clarinette basse soulignant à nouveau les violoncelles) et qu’une flûte supplémentaire double à l’octave supérieure la flûte dans la deuxième période de ce développement. De plus, la ligne mélodique des violoncelles est devenue légèrement plus « mouvementée ». Ce petit développement se conclue sur un accord de septième de dominante (D7), tremplin idéal pour revenir en sol majeur avec une reprise du thème initial par la flûte solo avec son orchestration de départ. Lors de la deuxième période de cette reprise, la flûte est à nouveau doublée par une autre flûte à l’octave supérieure. Cette doublure a un effet très conclusif et, en même temps, provoque une sensation d’élévation des sentiments vers un idéal transcendant. C’est ainsi, avec finesse et habileté, que se conclue ce thème d’amour. Par ailleurs, il se trouve que l’on débouche sur un accord de septième de dominante (E7) qui permet tout naturellement de moduler en la majeur, la tonalité de la section suivante.

(445-496) Cette section ressemble beaucoup à la précédente en ce qui concerne son allure orchestrale générale. Elle en diffère malgré tout par les points suivants. Ici, une autre mélodie de flûte est doublée à l’unisson par les premiers violons et, de plus, les violoncelles sont doublés cette fois-ci par les bassons (encore à l’unisson). On notera l’intervention du glockenspiel soulignant par endroits la mélodie principale. Cette partie ne se conclue pas avec la flûte mais à l’aide d’un duo à l’unisson du hautbois avec la harpe. La conclusion de ce fragment est donc très appuyée, en particulier grâce au hautbois avec sa sonorité naturellement très affirmée (ce qui n’aurait pas été le cas en utilisant la flûte avec son timbre plus effacé). Bien que sonnant comme une conclusion, un crescendo des cordes et d’un trémolo de timbale fait la transition avec début de la partie qui suit.

(496-548) Un accord mineur, joué par les cuivres (sauf les trompettes)  et par les cordes (sauf les violoncelles) est émis et répété, le rythme étant marqué par la caisse claire. Dans le bref passage qui vient alors, on notera les harmonies plaquées de cuivres (trombones et tuba) et surtout  la mélodie dont l’instrumentation évolue. En effet, cette mélodie est exposée une première fois par un unisson des cors (à l’unisson entre eux et en nuance forte) avec les violons altos. Puis est exposée une seconde fois de la même manière mais en rajoutant, à l’octave supérieure, un unisson des premiers et seconds violons avec les clarinettes. Cette deuxième exposition sonnant donc de façon plus sonore et plus spectaculaire que la première. Sur ce, on retrouve le passage musical de la section (121-181) bien que transposé un demi ton au dessus et avec de légères différences dans l’orchestration. Dans le cas présent, il y a, en effet, un arrêt de la harpe et la mélodie principale se retrouve, dans sa première période, doublée à l’unisson par la trompette et les clarinettes. Sa seconde période, conclusive, est bien affirmée car entre en scène le hautbois à l’unisson des violons et car on a fait passer la trompette à l’octave inférieure (d’où un son plus appuyé, plus large et donc plus affirmé).

(548-610) On retrouve, dans ce fragment, une orchestration très récurrente par rapport à ce qui précède. C’est à dire des accords tenus de trombones et de tuba (dont la basse du tuba est doublée à l’unisson par les contrebasses) associés à des violoncelles mélodiques (doublés ici par les bassons), la mélodie principale étant jouée par de brillants cors dans un registre grave, à l’unisson entre eux et en nuance forte. Ce dessin mélodique est repris à nouveau en étant renforcé à l’octave supérieure et à la double octave supérieure par les violons(1, 2, et altos) et par des bois (clarinettes et flûtes) ce qui lui confère alors un rendu tout à fait grandiose. Ce rajout de violons et de bois disparaît ensuite durant les deux mesures suivantes pour aboutir à un court fragment final, très similaire aux premières mesures de la pièce. Ce dernier fragment met en exergue une dernière fois le thème principal du film.